Le Maroc célèbre,
chaque année et au jour du 10 Moharram, l'Achoura ;
une fête qui est perçue, depuis des siècles,
comme celle de l'enfance.
Cette manifestation revêt
une signification spirituelle et sociale indéniable. C'est
aussi un jour de partage et de charité. Au cours de cette
journée, en effet, les enfants donnent libre cours à
leur joie.
A cette fête se sont greffées
des traditions telles que la visite des cimetières, la
distribution des friandises et de nombreuses pratiques à
caractère carnavalesque : feux rituels, aspersion
d'eau des passants, etc.
La tradition veut aussi que l'on
offre des jouets aux enfants. Un rituel peut accompagner la fête :
les familles se régalent d'un couscous au "gueddid"
(viande séchée de Aïd El Kébir).
et surtout la presence
d'une personne tres attendue par les enfants c'est BABA AÏCHOUR,
le personnage qui est sorti d'une vieille légende populaire.
il entend reprendre ce qui lui appartient : le rôle du"père
Noël des Marocains".
Un personnage sorti du fin fond
de la mémoire populaire, mi-réel, mi- imaginaire,
une sorte de père Noël version marocaine. La coutume
séculaire veut que tous les ans, à la veille de
Achoura, son apparition ouvre les festivités. Autour de
la chouala (feu de camp), il réunit les enfants, leur raconte
les vieilles histoires d'usage à cette occasion, leur offre
friandises et cadeaux et les invite à chanter pour lui.
Mais Baba Aïchour avait disparu depuis près d'un siècle
et on commence actuellement à le sortir de l'oubli, de
le dépoussiérer, de le lifter et de le remettre
sur le marché de la culture populaire.
Les familles achètent des
noix, des amandes et des dattes et font brûler de l'encens
tout au long de leurs veillées.
Cette coutume a, cependant, tendance
à disparaître progressivement ; la plupart des
parents se contentant d'acheter des jouets à leurs enfants.
Jadis, les "derboukas",
"bendirs" et "taârijas" étaient
les seuls jouets offerts en l'occasion . Aujourd'hui , ce sont
plutôt les pistolets à eau, les poupées, les
pétards et les jeux vidéo qui remportent le plus
de succès.
Le lendemain de l'Achoura, c'est
"Zem-Zem". Les enfants y disposent d'une totale liberté
pour asperger voisins, amis et passants. Garçons et filles,
dont l'âge n'excède pas 12 ans, trottent dans les
rues à la recherche d'une proie ou d'un point d'eau pour
s'approvisionner.
Pistolets à eau, bombes
à eau, sacs et ballons de plastique, seaux ... tous les
récipients sont mobilisés pour l'événement.
Les pétards sont également de la partie. Le soir,
la fête continue avec la "chouâla" (feu
rituel). Ailleurs, dans le monde chiite, l'Achoura est le jour
anniversaire du martyre du second et dernier fils de l'Imam Ali,
Sidna Al Hosseïn.
En ces pays, la célébration
de l'Achoura donne lieu à des représentations théâtrales
(les tazieh) et à des cérémonies expiatoires
(flagellation, etc.)."